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La source d'information
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Nos
amis les militaires et plus particulièrement, nos amis militaires
américains ont manifestement de l'argent et du temps à consacrer à la
chose. Ils éditent pour l'industrie un manuel intitulé :
Military Handbook for Reliability Prediction of Electronic Equipment
et référencé MIL-HDBK-217 F. Cette publication émane du fameux DOD,
Department of Defense et est basé sur les travaux effectués par le
Reliability Analysis Center et le Rome Laboratory (Griffiss AFB NY).
Comme il s'agit d'un ouvrage tombé dans le domaine public, on le trouve
également sur Internet, moyennant un téléchargement d'une vingtaine de
MO.
Ce livre présente les modèles de taux de pannes d'une grande variété de
composants utilisés dans les équipements électroniques, cela va de la
simple résistance aux tubes de radars embarqués.
Si l'aventure vous tente, vous pourrez le télécharger à cette
adresse, ADSL fortement recommandé |
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Revenons aux tubes :
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Le MIL-HDBK-217 F précise pour tous les
composants les taux de défaillance par million d'heures de fonctionnement.
Pour le cas de tubes, l'équation est la suivante :
(Equation
1)
avec :
lp
= taux de défaillance / 106 heures
lb
= taux de base de défaut par composant
pL
= facteur d'apprentissage
pE
= facteur d'environnement
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Bien évidemment cette équation est
applicable uniquement aux tubes à vide, et uniquement à eux. Reportez-vous
au manuel cité plus haut pour d'autres types de composants. Examinons les
termes de cette équation.
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lp
indique le taux de défauts par million d'heures de fonctionnement.
Connaissant ce taux, nous pourrons facilement en déduire le MTBF (Mean
Time Between Failures) ou en français , le temps moyen écoulé entre
deux pannes et qui vaut l'inverse du
taux de défaillance. On suppose ce taux constant.
-
lb
est le taux de base de défaillance
habituellement exprimé par un modèle reliant l'influence des efforts
électriques et de température sur le composant. Pour les tubes de
réception, triodes, tétrodes, penthodes, ce coefficient vaut 5. A
titre indicatif pour les tubes d'émission pour des puissances < 200
kW et fréquence d'utilisation < 200 MHz, ce coefficient peut aller
de 75 à 100.
-
pL
est le facteur d'apprentissage. Il s'agit du temps mesuré en années
depuis l'introduction du composant. On imagine qu'un composant
fabriqué depuis de nombreuses années a vu ses défauts corrigés
tandis qu'un composant juste introduit reste à déverminer.
| Durée |
Facteur |
| <10
ans |
10 |
| 2
ans |
2,3 |
| >3
ans |
1 |
-
pE est
le facteur d'environnement car en fonction de l'exploitation du tube, ce
dernier va subir des contraintes différentes. Je n'ai pas tout reporté
dans le tableau ci-dessous, il y a 14 classes d'environnement définies,
juste quelques exemples significatif.
| Environnement |
Symbole |
Description |
| Sol
bénin |
GB |
installations
fixes, température et humidité contrôlées, accès aisés pour la
maintenance, laboratoires, équipements de test, électronique
médicale, complexes civil et militaires, silos de missiles. |
| Sol fixe |
GF |
Installations
à environnement modérement contrôlé telles que racks avec
ventilation d'air, installations de contrôle aérien et de
communication. |
| Sol
mobile |
GM |
Equipements
installé sur des véhicules et transportés manuellement comme les
les équipements logistiques de missiles tactiques, les moyens de
communication mobiles. |
| Naval,
protégé |
NS |
Inclus
les équipements "sur table" sur les batiments de surface et
les équipemenst installés dans les sous-marins. |
| Aviation,
voilures tournantes |
ARW |
Equipements
installés sur hélicoptères incluant équipements intérieurs et
extérieurs tels que désignateurs laser, équipements de
communication, système d'armes. |
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Exemple concret :
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Prenons un cas concret, avec des tubes de
réception classiques que l'on trouve sur toutes les gammes d'appareils à
tubes (Collins, Drake, Heathkit) comme
la 6BA6, 12BY7, 6AQ5, 12AU7 etc. Le MIL-HDBK-217
F nous donne pour chaque paramètre les valeurs suivantes :
lb
= 5
pL
= 1
pE
= 1 (Sol fixe)
En appliquant l'équation 1 et selon la loi exponentielle :
lp
= 5 x 1 x 1
lp
= 5 défauts par million d'heures de fonctionnement
On peut ainsi déterminer le MTBF qui vaudra 1/5 millions d'heures
soit 200 000 heures.
Dans l'absolu et idéalement, si vous opérez votre station à tubes 5
heures par jour, et 365 jours par an, le temps moyen de bon fonctionnement
d'un tube vaudra 200 000 / (5 x 365) = 109 ans. En supposant que vous
laissiez sous tension votre station sans jamais l'éteindre, la durée de
vie serait estimée à 200000 / (24x365) = 23 ans.
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Quelles précautions prendre pour
augmenter la durée de vie des tubes électroniques ?
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- naturellement, respecter les
conditions d'utilisation telles que définies par le constructeur ( U et I),
veiller plus particulièrement à la dissipation anodique
- éviter les chocs et vibrations
- respecter rigoureusement les tensions de chauffage, sur certains
types de filaments, sur-alimenter ce dernier raccourci considérablement la
durée de vie
- ventiler les appareils, si vous vous contentez de la convection,
laisser de l'espace autour des appareils, le tout dans une pièce fraîche.
- limiter autant que faire se peut les cycles allumage/extinction.
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Précautions à prendre concernant les
tubes neufs ou longtemps entreposés :
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Les tubes à vide ont des fuites, quelques
molécules d'air finissent toujours, avec le temps, par s'introduire à
l'intérieur de l'enveloppe. Les fabricants luttent naturellement contre ce
phénomène en introduisant des molécules de minéraux susceptibles
d'absorber les gaz, les anglo-saxons appellent cela le "getter".
Ce processus fonctionne bien dès que le tube est chauffé, à température
ambiante, cela n'a pas d'effet. Il est donc vivement recommandé, avant de
demander de la puissance à un tube, de le faire chauffer longtemps (24 H)
puis d'établir un faible courant anodique, là aussi quelques heures. Cette
précaution évitera le big bang conduisant en général à la destruction
du tube et des quelques composants annexes dans l'alimentation.
Sachez qu'utiliser le tube hors de ses caractéristiques, en particulier au
niveau température, peut conduire à la destruction du getter.
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Personnellement,
mais ce n'est peut-être pas un conseil à suivre, j'alimente tous mes
appareils à tubes à travers un auto transfo variable (Variac) et
pour la mise sous tension j'applique une tension de l'ordre de
secteur/ 2 soit plus ou moins 120 V. Je fais ensuite monter
progressivement U jusqu'à sa valeur nominale.
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A ce propos voici un
splendide texte de Garey K4OAH, à méditer...
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I ran four
Drake 4 Series lines for six years in the 60's on autostart
RTTY. The stations ran 24/7, and transmissions
(at full power) of 30 minutes or more were not
uncommon.
Each transmitter had a small fan mounted on the back of the
final cage. The receivers had no extra cooling, but
were NOT mounted under a shelf. The receivers were
crystal controlled and controlled the transmitters. The only
time the transmitters were turned off was for final
replacement, which was done when the output power dropped to
100W on 20M.
Only one failure occurred during this time. A
single 12BY7 filament opened up. Power was supplied by TVA,
at approx 1.5 cents/kwh. Turn-on surge to cold tube
filaments, transformer windings and mechanical power switch
contacts are the most common problems when turning equipment
on and off. With the exception of tube filaments, none
are easy or inexpensive to repair.
Transformers
are expensive, and back-of-pot switches are nearly
impossible to find. I switch most units with external
power switches and internal switches are operated after
external power has been removed. That said, I use my station
every day, and leave the receiver on all the time. I
turn the transmitter on when I plan to transmit, and then
don't turn it off until the end of the day. When I
leave town for a few days, I turn the receivers off.
A lot of my equipment has been modified with thermistor type
surge protectors. I learned this a LONG time ago when
my little clock radio from Motorola had a similar device in
it called a "Globar" resistor. That radio
came on five days a week for over 25 years, and never had a
tube fail! It wasn't on long, typically less than
10-15 minutes a day.
Just my experience.
73, Garey - K4OAH
Atlanta |
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Les limites du MTBF
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Avec de telles valeurs, on pourrait penser que
tout va bien dans le meilleur des mondes, or le modèle MTBF a
plusieurs défauts qui font penser qu'il est souvent irréaliste.
Dans les chiffres ci-dessus, les experts et les puristes objecteront que le
modèle MIL HDBK 217 n'est plus au gout du jour et qu'on lui préfère des
modèles comme le HRD5, le CNET93 (cocorico), le RDB, le FMEA/FMCA et tant
d'autres. La difficulté pour un amateur est toujours de se procurer les
données, le MIL HDBK 217 se trouve partout sur Internet.
D'autre part le cycle de vie d'un tube comme de beaucoup de composants et
systèmes suit une courbe connue sous le nom de courbe de Bathtub ou courbe
en baignoire en français, courbe
que vous pouvez observer ci-contre. On assiste au début de fonctionnement
à quelques défauts, puis vient la période la plus longue de
fonctionnement normal précédent la période de fin de vie durant laquelle
le nombre de défauts croît. A cette lecture d'ailleurs, nous devrions
être incités à faire fonctionner intensivement toutes nos nouvelles
acquisitions neuves de manière à détecter les défauts prématurés
pendant la période de garantie HI!.
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En conclusion :
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Eh bien les tubes à vide
sont robustes et offrent de nombreuses heures de fonctionnement si tant est
qu'on les utilise conformément aux spécifications édictées par le
constructeur. Un utilisateur soigneux et attentif pourra de plus, par ses
connaissances et le soin qu'il apportera à son matériel prolonger la
durée de vie de ces composants magiques.
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Révision 01 du 26/10/2009 - Adresse
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